| Depuis
toujours, je regarde le monde comme si je venais de naître, et il ne cesse
de me troubler, de m'angoisser, de m'exalter, dans son mystère et sa folle
beauté.
Il me semble parfois que la vibration du moindre brin d'herbe fait trembler
ma vie intérieure.
Le seul moyen pour moi de faire ployer le vent des sensations, c'est de peindre,
de traverser l'océan des couleurs dont les vagues me submergent et me
jettent souvent comme une épave sur le rivage, anéanti par ce qui me nourrit.
|
 |